#1 Je demande à ce qu’on ne me prescrive plus d’homéopathie


#1

🔍 Contexte

Après avoir lu plusieurs articles scientifiques dans le passé sur le sujet, je savais que l’homéopathie n’avait pas plus d’effet que l’effet placebo.

Un jour, je suis allé chez ma médecin. Etant stressé par ce que j’avais, elle m’a prescrit un médicament contre l’anxiété. Une fois à la pharmacie, par curiosité, j’ai demandé si c’était de l’homéopathie. Réponse : “oui, monsieur”

Ma docteure m’avait prescrit de l’homéopathie sans demander mon consentement ni me prévenir !


L'article complet est disponible sur le blog : https://www.noschangements.fr/posts/1-homeopathie/

#2

Personnellement, je crois au pouvoir de la guérison par l’esprit, avec, bien évidemment, un peu de bon sens… l’esprit ne pourra, seul, tout guérir… cependant… je reste persuadée que nous nous provoquons nous même nos maux, et que notre corps peut donc aussi s’auto réguler. L’homéopathie, ou toute autre médecine douce, au contraire de l’allopathie, permet d’aider le corps grâce à des produits ou techniques naturels. Et il faut parfois aussi se pencher sur le fond du problème, et ne pas “juste” résoudre un problème “mécanique” ou “technique”.
Quand bien même l’homéopathie n’aurait qu’un effet placebo, le cerveau va se conditionner pour “guérir” ce qui ne tourne pas rond… Alors, évidemment, on pourrait prendre des smarties, ce serait la même chose… mais, si ça fonctionne, pourquoi polluer notre corps et “engraisser” les industries pharmaceutiques avec des produits chimiques ?

Cependant, je suis d’accord avec le fait que les médecins devraient prévenir du type de médicament qu’ils prescrivent à leurs patients, ensuite, chacun est libre de faire son choix et de se forger sa propre opinion.


#3

Je suis d’accord sur la partie “pouvoir de l’esprit”.
Le corps lui-même se guérit tout seul de manière parfois étonnante.
J’ajoute le dicton qu’on connaît sous plusieurs formes “vous avez eu un problème avec un certain contexte, ne croyez pas le résoudre sans changer de contexte” (changez contexte par état d’esprit, solution, outil, environnement… etc).

Je ne voudrais pas faire une attaque frontale car je pense qu’on est d’accord sur ces points de base, mais : si l’idée est de profiter du pouvoir de l’esprit, autant attaquer les vrais soucis (écoute, changement d’hygiène de vie, psychothérapie…) sans “mentir” sur la cause ou la solution.
Par exemple mon esprit ne peut pas croire à l’homéopathie, qui par ailleurs engraisse aussi d’autres labos voire les mêmes. J’aurais davantage confiance dans un “médecin” qui me propose de mieux vivre mes symptômes sans les soigner, ou d’attendre la guérison naturelle de mon corps, qu’un autre qui me dirait de croire que de l’eau diluée avec du sucre va résoudre mon problème.

Bien sûr certains homéopathes pratiquent cette écoute (mais pas tous), bien sûr certains médecins généralistes ou spécialistes le font (mais pas tous), bien sûr certains médecins prescrivent certains médicaments davantage par habitude qu’en ayant regardé votre cas (mais pas tous), bien sûr il est plus facile de dire “prenez deux sucrettes” que “faites du sport, appelez vos parents, allez voir des amis plus souvent, et détendez-vous”.

Mais pour résumer : si on veut utiliser le pouvoir de l’esprit, commençons par lui donner le pouvoir de réfléchir et d’agir au lieu de donner un cache-misère magique.


#4

Un truc qui m’a longtemps paru flou c’est comment on fait pour choisir quels médicaments existent en pharmacie.
Généralement on part d’observations, genre “telle plante a l’air de fonctionner contre telle maladie”, ou “telle molécule ressemble à telle autre et a sûrement des propriétées similaires” ou même “telle technique médicale semble mieux marcher que les autres”. En cherchant plus en détail on arrive souvent à d’autres observations “telle molécule X de telle plante semble effectivement efficace contre la maladie Y chez les rats/singes/etc. Telle pratique semble associée à un effet bénéfique”. Souvent on en déduit deux doses : la dose maximale “sans effet observable” et la dose maximale sans effet négatifs observables.

Une fois qu’il y a un faisceau d’indices suffisants pour que ça vaille le coup de voir si ça peut avoir un intérêt pour les humains on lance un plan en 4 phases :
phase 1 : on essaie la molécule sur un petit groupe (~20-80 personnes) de volontaires sains indemnisés pour déterminer tous les effets indésirables.
phase 2 : on trouve la dose optimale (le bon ratio entre effets positifs et négatifs) sur un groupe de malades (~500)
phase 3 : c’est là qu’on rentre dans le dur. On compare l’efficacité de la molécule par rapport à un placebo sur des milliers de participants. C’est long et ça demande beaucoup de ressources humaines (donc de financements), mais à la fin on peut répondre de façon assez fiable à la question "de combien est-ce plus efficace qu’un placebo ? ". Si la réponse est “c’est plus efficace que le placebo et le bénéfice apporté est supérieur aux effets négatifs observés” on autorise le médicament. Si jamais il est plus efficace que d’autres médicaments remboursés il devient remboursé aussi. Généralement des articles sont publiés pour prévenir la communauté médicale que désormais on peut soigner encore mieux. Généralement des “VRP” des laboratoires font du porte à porte chez les médecins pour les prévenir qu’ils devraient prescrire la nouvelle molécule.

Et la phase 4 ? Elle consiste à relever les complications à long-terme, les effets secondaires rares une fois que la molécule est utilisée concrètement. Elle dure tant que le médicament est sur le marché. Si des complications nouvelles apparaissent, les autorités peuvent être amenées à changer la politique de remboursement/d’autorisation de vente de la molécule (si elle se révèle efficace mais plus nocive que prévue elle peut être réservée exclusivement aux cas grave quand les autres molécules ont échouées, etc.)

Mon point dans tout ça : déjà tout part d’observations. Si ça a l’air de marcher, alors on vérifie si ça marche vraiment. Ça a l’air anodin, mais tous les médicaments prescrits on fait l’objet d’une étude qui a prouvée qu’ils ont en effet positif. Les médicaments “ça marche”. Même si tu n’y crois pas.
Mieux : on ne donne pas “n’importe quoi” aux gens. On regarde quelles doses sont dangereuses, quelles doses sont efficaces. Et c’est la raison pour laquelle on ne peut pas prescrire “une feuille de la plante bidule tous les matins”, parce que ça dépend de la taille de la feuille, de la date de la récolte, des traitements de la plante, de la durée d’infusion, du temps de conservation, etc. Pour être certain que “ça marche” il faut être certain de ce qu’on donne. Pour être certain que ce n’est pas dangereux il faut être certain de ce qu’on donne.
Deuxième point : l’homéopathie a une dérogation. Pas besoin de prouver que c’est plus efficace que d’autres médicaments, pas besoin de prouver que c’est plus efficace qu’un placebo pour être remboursé. C’est absolument injuste pour toute la recherche qui doit se taper du boulot en plus. Cette dérogation bénéficie majoritairement à de grands labos comme Boiron. Ce n’est pas une dérogation “petit artisanat local”, c’est une dérogation Boiron.

Personnellement, je pense qu’il est normal de ne pas faire n’importe quoi avec les malades. Chez moi ça veut dire “faire au mieux de ce qu’on sait faire”. “au mieux” ça veut dire qu’il faut comparer les méthodes entre elles, “de ce qu’on sait” ça veut dire que ça peut changer au cours du temps. Je suis donc circonspect quand on m’annonce qu’il faut miser sur des techniques figées dans le marbre depuis des siècles (type médecine chinoise traditionnelle), ou sur des techniques qui font “moins bien” que les autres.
Je suis aussi circonspect sur les techniques qui se basent sur une “croyance” pour être efficaces : je pense qu’on peut faire confiance aux humains et leur dire la vérité. Mentir délibérément à quelqu’un “pour son bien”, en particulier quand sa santé est en jeu, me semble particulièrement condescendant. Ça place le médecin/shamane sur un rang supérieur à son patient ce qui est éthiquement discutable, humainement craignos.


#5

Bonjour à tous,

L’affirmation de Camille peut paraître abracadabrantesque ! Si l’homéopathie ça ne marchait pas, ça se saurait !

Ça ressemble à du bon sens non ?

Laissez moi vous raconter une petite histoire :

« Il était une fois ROND COLORÉ. Depuis des décennies, on a tous observer que ROND COLORÉ est efficace pour soigner.

ROND COLORÉ est acclamé, et tout le monde à une foi indiscutable en ROND COLORÉ.

Cependant un jour, on décide de mettre le COLORÉ de ROND COLORÉ de côté et quel n’est pas notre surprise ? On s’aperçoit que ROND ne fait rien du tout. Remplacer ROND par Carré, ou Triangle donne le même résultat.

On en conclue donc que ROND n’a aucun effet au delà de COLORÉ.

Maintenant on a déjà observé que Triangle COLORÉ, Rectangle COLORÉ et Étoile COLORÉe ont des effets similaires à ROND COLORÉ.

On mène actuellement tout un tas de recherche sur COLORÉ, c’est à dire toute les couleurs contenue dans COLORÉ. »

Dans notre histoire, ROND c’est l’homéopathie. Quand à COLORÉ ce sont les effets contextuelles (dont l’un des effets très connu du grand public est l’effet placebo). Triangle COLORÉ pourrait très bien être des massages, et Rectangle COLORÉ de l’attention quand à Étoile COLORÉe ça pourrait être un bisou magique.

Cela signifie donc que « L’homéopathie n’a pas d’efficacité au delà des effets placebos ».

Parlons de ROND

Mais comment est-on sur que l’homéopathie n’ai pas efficace pour soigner ?

Et bien on rassemble énormément de personne malade pour qui on pense que l’homéopathie soigne. On les mélanges ce qui fait qu’on a des personnes qui ont toutes les caractéristiques possibles. On sépare alors ce groupe en 2 partie identique. Dans chacun des groupes, on retrouve encore la totalités des caractéristiques possibles : il y a autant de fille des deux côté, autant de personne âgés des deux côtés, autant de personne qui mange bio des deux côtés etc.

Puis

On donne à un groupe de l’homéopathie, et a un autre groupe quelque chose qui ressemble à de l’homéopathie mais qui en réalité ne contient rien des caractéristiques de l’homéopathie : c’est un placebo.

Chaque personne dans un groupe ne sait pas si il reçoit l’homéopathie ou le placebo. La personne qui leur donne le médicament ne sait pas lui-même s’il donne de l’homéopathie ou le placebo. La personne qui analyse ensuite les résultats ne sait pas s’il est entrain d’analyser ceux de l’homéopathie ou ceux du placebo.

À la fin, on remet tout comme il faut et on compare. Pour être sur, on le fait et refait et refait.

Avec cette méthode que trouve t-on ? Que la guérison dans les deux groupes est identique.

Si on reproduit cette expérience avec un médicament, et qu’il n’y a pas de différence, le médicament ne marche pas. Si au contraire il y a plus de soigné chez ceux qui ont pris le médicament : c’est qu’il marche.

Parlons de COLORÉ

Voici une liste d’effet contextuelle qui augmente de manière significative la guérison des patients :

— Si le prix de la consultation est plus élevée.
— Si la consultation a durée plus longtemps.
— Si le médecin a une blouse blanche.
— Si le temps d’attente pour avoir le rendez-vous était élevé.
— Si le médecin parait sympathique et ce veut rassurant.

Dans la littérature scientifique, basée sur des éléments factuelles (des FAITs), ont ne débat plus. La question est ici tranchée. L’homéopathie n’a pas d’effet.

Cependant, en ce qui concerne la littérature médiatique, l’OPINION est toujours fragmenté et les raisons sont aussi multiples qu’intéressante et complexe !

Ceci répond à la partie : « Si l’homéopathie ça ne marchait pas, ça se saurait ! »

Vous pouvez aller plus loin en comprenant quel est la différence entre un FAIT et une OPINION :
— Faits vs Opinions :zap: Comment les différencier ? : https://www.youtube.com/watch?v=shWocalu4tw

Et ce genre d’exemple est légion :
— la science conclue la non preuve de nocivité du glyphosate, les médias en disent tout autre chose : https://www.youtube.com/user/TheMightyMatadon
— la science conclue à l’empreinte de l’homme de manière non négligeable dans le changement climatique, les médias en disent tout autre chose : https://www.youtube.com/channel/UC1EacOJoqsKaYxaDomTCTEQ
— etc.


Si vous souhaitez mieux comprendre le sujet de l’homéopathie, il y a cette petite vidéo de vulgarisation bienveillante pour le comprendre :

La statistique expliquée à mon chat :
https://www.youtube.com/watch?v=5HeJnQL7QM0


Et si vous ne croyez pas qu’il soit possible que les médias se trompent autant alors que la science est formelle, et que vous souhaiteriez comprendre : alors il y a la méthode zététique :
S’initier à la zététique

Sinon pour faire court, un début de réponse, en images :

Traitement médiatique

Traitement médiatique

Méthode d’enquête

Méthode d'enquête

« Pour améliorer le monde »

Pour améliorer le monde


#6

Salut,
Pour ce que ça vaut :

  • J’ai constaté que l’arnica montana marchait super bien. Avec 4 enfants et un paquets de bleus, mon retour d’expérience est très clair : ça marche. Mais on est d’accord, c’est une opinion forgée par une démarche empirique pas du tout scientifique. Après j’avoue régulièrement utiliser l’effet placebo avec un verre d’eau sucré. Sur autre chose que les bleus, ça marche une fois sur deux ! :grinning:
  • Les études alopathiques des médecins occidentaux les conditionne à rejeter l’homéopathie. Donc si certains en prescrivent quand même, c’est qu’il y a un truc… Après quel est l’effet actif, je n’en sais rien. Mais l’essentiel, c’est que ça marche, non ?
    Après je te rejoins sur la carence d’information en matière de soins : j’ai souvent le sentiment d’être infantilisé. Quand je pose des questions, j’ai parfois l’impression de déranger ou à minima d’être un ovni…
    #++
    Benoit

#7

Merci pour ton témoignage @benoit !

J’en profite pour partager un petit article qui explique d’où sort se terme « d’allopathie » justement. En médecine, ce terme n’existe pas. Pourquoi ? D’où sort t-il ? Il ne vient pas du champ des sciences et une étude « allopathique » ne suis pas la démarche scientifique.

L’homéopathie n’est bien entendu « pas l’inverse » de la médecine sauf pour les homéopathes donc :slight_smile:
Pour un homéopathe, l’allopathie regroupe diverses autres pratiques en dehors du champ de la médecine comme la phytothérapie, l’aromathérapie, etc., bref, tout ce qui n’est pas de l’homéopathie donc.

Mais cet article critique en parlera mieux que moi :slight_smile:

L’allopathie n’existe pas

J’en profite également pour glisser ce petit recap de 30 minutes sur l’homéopathie faites par une personne n’y connaissant pas grand chose en homéopathie à la base et qui s’est documenté en utilisant la méthode Zététique. Très intéressant !
Elle explique notamment (vers 20 minutes) pourquoi ce n’est pas l’Arnica Montana qui marche du tonnerre pour @benoit et sa famille mais bien les effets contextuelles que ça génère (qui sont réels, observable, mesurables, très bien étudiés dans une propre discipline dédié et qui ne sont pas psychologique mais bien chimique) qu’ils provoquent chez lui et sa petite famille.

— « HOMÉOPATHIE: les preuves » https://www.youtube.com/watch?v=tWD4b6_5EEA

Pour finir, l’argument qui veut que l’homéopathie ne fonctionne pas car la science a prouvé son inefficacité (en réalité elle n’a pas réussi à prouver son efficacité, ce qui n’est pas exactement pareil) demande qu’on comprenne pourquoi c’est important la science pour la médecine. Et pour les jeune-vieux comme moi, vous serez ravi d’en avoir la réponse de la bouche de Fred en 30 minutes !

« Et oui Jamy ! C’est pas sorcier ! »

— « FAUT-IL FAIRE CONFIANCE À LA SCIENCE ? » https://www.youtube.com/watch?v=nIMnM8UdUq4


Proposé par Camille Roux